Tara Biscotta

dimanche 25 mai

Sur la fête des mères

 

Fête des mères

Encore une tonne des docs à finaliser. Peut-être aussi une indescriptible envie de m'arrêter. Un peu.

Et si je vous parlais d'abord de Petite Planète ?

Hier, tu es allée l'écouter chanter, dans la cour de l'école. Il faisait froid, tu claquais des dents. Tu n'as rien entendu de la chanson. La sono était en panne. Sous le préau, on se bousculait. C'est l'école typique de village. Tu adores. Après vous êtes allées chercher les "cadeaux des mamans". Toi, comme d'hab, t'as rien compris et tu as ouvert tout de suite le tien, devant tout le monde, et tu l'as accroché sur ton coeur. Fallait pas Tara. Et la surprise alors ? C'est pour demain ! Ah bon ...

C'est pas grave, les autres mamans ont fait semblant de ne rien voir.

Encore un peu, tu allais louper le RDV de Star Light chez le coiffeur, mais Dieu merci, il y a cette sublime invention qui s'appelle le portable. A défaut de te téléporter dans le village d'à côté, il t'a permis d'organiser un sauvetage en urgence.

Après, tu as roulé sur les routes des champs. Un gros nuage à joué à te poursuivre, te plaquer au sol, te dépasser. Tu voyais son ombre courir devant toi. Comme si tu le poussais. Tu as failli rater le RDV. Encore un peu et tu ne t'arrêtais plus.

Tu as acheté de quoi faire plein de croque-monsieur merveilleux, sauf que tu as oublié la tomme de brebis. Des croques sans fromage, c'est pas pareil.

Bref, c'est pas demain la veille que tu pondras une recette magnifique, vous l'avez tous compris.

Aujourd' hui tu iras voir M. Tu lui as achété une tarte à la rhubarbe maison. Voilà 4 ans et plus qu'elle se bat contre un corps qui ne veut plus la suivre, et une mémoire qui joue aux montagnes russes. Tu es la seule qui aille encore la voir, ou presque. Tu lui as acheté plein de maquillage, parce qu'une mère est avant tout une femme. Tu te souviens de ces deux grands conseils qu'elle a pu te donner un jour : "Rince bien tes légumes en conserve" et "applique toujours ta crème de jour de l'intérieur vers l'extérieur". Avec ça, elle a plus ou moins fait de moi une femme et une mère. Le reste ne fut que littérature, ou presque.

J'ai tout de même -délit de lèse majesté - laissé tomber les conserves.

L'autre jour, je lui ai enfin expliqué pourquoi son fils ne venait plus la voir. Cela n'a pas été facile de lui dire que je n'avais plus de frère, et que par la même elle n'avait plus de fils. Bref, la vie quoi. Je pense qu'elle n'aime pas trop la rhubarbe. J'aurais dû m'en souvenir. Tant pis.

Je voudrais offrir cette journée à toutes les mères ou à celles qui l'ont été.

Aussi à celles qui le sont à leur manière

Bref, à toutes les femmes

Même à celles qui ne cuisinent qu'avec des boîtes de conserve.

Peut-être un jour leur raconterai-je ma fameuse recette des pâtes au thon frais, qui me valut une certaine réputation dans les milieux culinaires les plus huppés, depuis encore inégalée.

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samedi 24 mai

ODE A LA TOMATE, Pablo Neruda

 La rue 

s'est remplie de tomates
    midi,
    été,
    la lumière
    se coupe
    en deux
    moitiés
    de tomate,
    dans les rues
    le jus
    coule.
    En décembre
    la tomate
    se déchaîne,
    envahit
    les cuisines,
    s'introduit dans les repas
    s'assied
    calmement
    sur les buffets,
    parmi les verres,
    les beurriers,
    les salières bleues.
    Elle a
    une lumière propre,
    une majesté bénigne.
    Nous devons, par malheur,
    l'assassiner :
    le couteau
    plonge
    dans sa pulpe vivante,
    c'est un rouge
    viscère,
    un soleil
    frais,
    profond,
    inépuisable,
    elle emplit les salades
    du Chili,
    elle se marie allégrement
    avec le clair oignon
    et pour fêter ça
    on laisse
    tomber l'huile,
    fille
    essentielle de l'olivier,
    sur ses hémisphères entrouverts,
    le poivre
    ajoute
    son encens
    le sel son magnétisme :
    ce sont les noces
    du jour,
    le persil
    plante
    ses banderoles
    les patates
    bouillent vigoureusement,
    le rôti
    frappe
    de son arôme
    à la porte,
    c'est le moment,
    allons!
    Et sur
    la table, à la ceinture
    de l'été,
    la tomate,
    astre de terre,
    étoile
    répétée
    et féconde,
    nous montre
    ses circonvolutions,
    ses canaux,
    l'insigne plénitude
    et l'abondance
    sans noyau,
    sans cuirasse,
    sans écailles ni arêtes,
    nous livre
    le régal
    de sa chaleur fougueuse
    et la totalité de sa fraîcheur.

 

Pablo, Neruda. Odes élémentaires, France, Gallimard, 1974

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dimanche 16 février

Petite purée maison

 

Petite purée maison

Petite Purée d'Emoi

Facile et douce

Purée toute mousse

De temps et d'amour

A donner

C'est beau, c'est frais : Agriculture raisonnée.

Chaque semaine, sur le quai

De la gare,

M'attend l'oeil charmant,

mon petit marchand frais

(pas si petit que ça, d'ailleurs ...)

Pour un prix modique :

Fromage ou pâté de campagne,

Pommes et poires,

Pommes de terre,

Mâche à faire pâlir celle des sachets tout prêts,

Endives (Petit clin d'oeil à Babeth et à Bulles !) et autres légumes frais

Pour locavores pressés,

Vous sont vendus

Tout crus !

Déjà choisis, pesés, dans un panier

Tout prêt !

Alors pour vous ce soir : petite purée maison

Comme je les aime

Ingrédients :

_ 1,5 kilo de pommes de terre à purée (type bintje)

_ 35 cl de lait bio

_ Un peu de muscade moulue (si vous aimez son goût âcre et chaud)

Recette :

On épluche les pommes de terre

On les lave et les coupe en morceaux

On les plonge dans l'eau bouillante (et on fait cuire à feu moyen)

Jusqu'à ce qu'elles soient bien à point

Ensuite on égoutte, on mixe avec le lait légèrement tiédi, qu'on ajoute peu à peu, jusqu'à ce que la préparation soit onctueuse

Un tour de poivre de moulin

Une touche de fleur de sel de Ré au basilic

Muscade si l'on veut

Servez aussitôt

Que manger avec votre purée ? des magrets de canard, un beau poisson poêlé, des crustacés grillés ...

A bientôt sur ma planète !

 

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vendredi 14 février

D'émoi

Alors elle s'est dit comme ça ...

Tiens, et si j'écrivais ?

Voilà qui changerait ...

Oh oui ... mais pas comme d'habitude. Non, une autre histoire,

De derrière mes placards

Un peu abandonnés.

Vides des anciennes confitures,

Vides des lignes qui te berçaient, le soir, quand le vent souffle.

Oui, une histoire comme ça,

De celles dont les volutes battaient

Le coeur de mon chaudron

Pour toi, la longue litanie des envies suspendues

Au fil de mes pensées

Là sous la pluie battante.

Grincent les planches des étagères vides.

Je n'ai plus le temps.

Je compte les Etoiles, là-bas,

Et les regarde voler

Dans les neuf palais

De nos années

Car voilà bien des mois

Que nous ne nous sommes vus

Et même si je n'attends plus

Ce m'est une ciguë

A l'amertume douce

Et délicieuse

La recette suivra, bien sûr ...

De cette certitude

J'orne mon front

 

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mercredi 15 janvier

Considérations sur mon vieux canapé marron

La tempête est là et l'impression bizarre que la maison va s'envoler.

Point de ballons pourtant accrochés à la toiture ...

J'entends les amarres craquer, les poutres se délier, le grenier soupirer

Se réfugier dans les bras de mon canapé marron ... 

Je ne vous ai jamais parlé de mon canapé marron ? Je ne sais toujours pas pourquoi je le nomme ainsi, en insistant bien sur sa couleur. Comme s'il y avait un lien fondamental entre elle et moi. couleur d'automne, couleur du pain d'épices de mon enfance, couleur des champs qui m'entourent ...

Il me connaît depuis mon tout premier enfant, m'a portée et supportée de lectures en écritures, de maux de dos en bons gros rhumes.

Passé, dépassé, marqué des empreintes du temps et des enfants, mon vieux canapé marron tient le coup pourtant et continue de m'offrir ses bras rugueux et robustes chaque fois que je les lui demande.

J'essayai bien un jour de l'affubler d'une housse "cache misère".  Peine perdue. Je compris à sa mine déconfite qu'il n'appréciait pas cette insulte à sa carcasse. Les rides lui vont si bien, après tout

Mon canapé marron me ressemble en ce point qu'il fuit les fards et les tendances

De temps en temps, je change l'enveloppe de ses coussins (nous avons tous nos petites coquetteries) et lorsque des invités sont  attendus, il a droit (qu'il le veuille ou non) à un immense plaid en coton fin et moelleux. C'est le signal chez nous d'une visite importante.

Quand la maison est vide, on se retrouve lui et moi comme deux vieux amants, deux bons copains qui ne se seraient pas vus depuis des lustres.

C'est un peu l'impression que j'éprouve en vous écrivant ce soir, depuis tant de temps ...

Je vous souhaite une merveilleuse année 2014

Ici ou ailleurs

Et parfois sur ma planète

Tara

 

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vendredi 20 décembre

Dernier jour

Quelques grammes de lumière
Dans la folie hivernale
Poussière de fée

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lundi 16 décembre

Kiss from a rose

Ce matin la lune
Dorée dans la nuit noire
Tu te perds dans son œil rond
Et tes pensées en suspension
Dans la toute éclaircie
Ravie
Tu réponds
A l unique douceur de ce matin

La campagne en déroute
Lorsque s effiloche
Ta mémoire

Tu voudrais la toucher
Croquer sa rondeur
Quand s offre à toi
La pure noirceur de la nuit


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mardi 12 novembre

Sous les lampadaires

Sous les lampadaires, la pluie dessine

Ta nuit.

Qui cingle et rigole

Contre tes omoplates

Si plates !

 

Où sont tes ailes ?

Dans quel tiroir

Les aurais-tu,

Si vite rangées ?

 

Giclées de givre sagement pliées, dans mes allées

Venues

Dont ne sais où …

Qui sait ?

 

La cour regarde

Un vieil hangar.

 

Des affectés de l’anaphore

Courent en tous sens

Dans les allées

De ta mémoire

Si courte !

 

De tours de garde

En gardes des tours

Toujours et sans détours

Par toi

Aimés !

 

Mais par pitié, laissez-le moi

Glaive étincelant

Mon cœur si lourd !

 

Ma déchirure est ma ramure

Les longs murmures

Tanguent

Sous les nervures

Tendres

 

Silice est le vent …

La pluie d’automne

Lave écarlate

Mes yeux si noirs.

 

J’attends.

 

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dimanche 27 octobre

Fée d hiver

Une heure de plus avec toi

Posté par tarabiscotta à 14:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 07 octobre

En attendant la téléportation

Grève-galère
Jungle
Ferroviaire

Trouver un espace
Rester zen
Debout
Serrée
Sur le plancher
Mouvant
Du train
Surchauffe

Chaleur tropicale

Clin d œil photographique :

Le zèbre est il l avenir du train ?

Je souris sous les fontaines

Cherche désespérément le guichet ad hoc

Posté par tarabiscotta à 15:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]



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