Confiture poivrée prune, banane, rhubarbe : LE MAKING OFF !

Avant que de la goûter, j’aime me souvenir de la genèse d’une recette. Celle-ci étant particulièrement « mouvementée » dans sa composition, j’ai eu envie de vous la donner. Qu’on se rassure, la fin est belle ! Et la synthèse prévue !

A la base, il y a toujours une envie, parfois aussi une urgence …

Grand rangement feng shi dans ton cagibi. Tu t’enfermes et n’en sors plus que lorsque qu’une grande sensation de sérénité t’a enfin gagnée. Pas toujours facile ! Et pourtant tu aimes cet endroit. C’est le Grand Bazar d’Istambul, la Grotte d’Ali Baba, ton Navire Olfactif, ton Antre !

Il en ressort que quelques denrées périssables ont plus que besoin d’être transformées. Ta spatule magique n’est pas loin et déjà vibre ton cœur de chaudron.

Nous aurons cette fois-ci des bananes bien mûres, des prunes jaunes, de la rhubarbe, des Jona Gold, Le jus d’un citron non traité, quelques épices …

La veille, au soir, tu épluches les fruits.

Pour les bananes, c’est facile, mais n’oublie pas qu’elles s’oxydent vite ! Ton jus de citron est prêt de toi ! Ne le verse pas entièrement, tes pommes n’apprécieraient pas !

Tu pèses, tu déposes dans ta marmite et tu notes sur ton grand tableau noir la quantité obtenue.

Pour les prunes, pense à les laver, les équeuter, les couper en deux dans le sens de la longueur. Maintenant arrache leur le cœur ! Tu n’en as pas besoin !

Pèse et transfère dans ta marmite. Note bien le poids obtenu.

La rhubarbe s’épluche et se lave. Puis se tronçonne. La mienne était déjà congelée. Pratique.Note le poids.

Les pommes, je l’avoue, demandent un peu plus de patience, mais si l’économe est bon, rapide sont les comptes … Peau, cœur, pépins, queue : ne garde rien. Arrose du reste de jus de citron et téléporte immédiatement dans ta marmite magique.

La journée fut âpre … Lecteur, si le cœur t’en dit, Reviens lire la suite demain !

Mes jours, lecteur, sont toujours bien plus courts quand l’oreiller m’appelle ! Daigne excuser mon interruption ! Mais il est de ces réunions familiales qui parfois vous laissent … sur l’édredon ! Repas de Famille …

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Que manque -t-il à ma préparation ? Juste le sucre et un peu d’épices … J’ai honte ! Cette fois-ci, munie –toi de Poivre de Sichuan … Le nom, déjà, est plus qu’évocateur. N’aie pas peur, du poivre tu ne trouveras que la coque, car elle seule apporte son arôme ! Une saveur puissante, à la fois citronnée et boisée. Vouloir résister ?

Et après ? Couvre d’un film alimentaire et laisse reposer : 12 heures … Je sais, c’est long, surtout quand on dort peu !

Le lendemain, prépare tes pots : les ébouillanter, les retourner sur un linge propre afin de les laisser sécher.

Ta spatule en bois, ton écumoire, une louche pour transvaser, à moins que tu ne disposes d’un entonnoir à confiture  

Sens maintenant, respire, hume, enivre-toi : c’est ta plus belle récompense !

C’est aussi, pour moi, l’instant de l’ultime retouche … Constat ? La banane domine et son arôme a tendance à évincer la prune. On sent très peu le poivre de Sichuan … Celui-ci se marie très bien avec le gingembre, mais je n’en ai plus. Est-ce possible ?!!!

J’opte pour la baie rose au goût légèrement poivré. Mais voilà …

_ Que te prend-il soudain ? 2 cuillères !!!

_ A café, tout de même !

_ Certes, Tara, mais ce n’est qu’une confiture, pas un baume pour contractures …

_ Vite ! Mon livre de recettes. J’en trouverai bien une qui vienne me conforter dans cette main un peu lourde …

_ Pour sûr, Tara, faut-il toujours que tu commences par la fin ?

_ Pour sûr, ma conscience, c’est ainsi depuis toujours !

(Que mon lecteur ne s’inquiète : j’ai toujours trouvé qu’un peu de dialogues rendait le texte plus vivant ! Pas encore de dédoublement de personnalité chez moi !)

Apparemment les recettes les plus corsées semblent se limiter à 5 ou 6 grains de poivre noir en tout et pour tout … Honte sur moi !

Bon, peut-être qu’en accompagnement de volailles ou de foie gras …

C’est alors que je tombe sur un saladier de prunes … Tiens ! Auraient-elles échappé à mon grand « nettoyage » ? Plus pour très longtemps ! Je suis tellement soulagée de cette apparition que j’oublie de les peser. Désolée. Je compte le nombre de noyaux : 13. Ben voilà ! Tu n’es pas du tout superstitieuse ! En tout cas, ça portera chance à ta macération en limitant l'offensive épicée !

Laisse le tout reposer deux heures supplémentaires et ouvre le bal !

Premiers bouillons, écumes des fruits, à l’écumoire Ô ma mémoire ! Souvenirs fragiles, ressuscités dans mon chaudron ! Son œil unique me dévisage dans la moiteur de ses nuées. Bonheur embué, instant qui n’appartient qu’à toi. Ton cœur résonne, bat la chamade.

Quand ta spatule te préviendra que le mélange s’épaissit, dégaine ton arme de ménagère endurcie : le mixeur plongeant au brûlantes éclaboussures. A ne pas laisser entre toutes les mains !

Le test de l’assiette seul sonnera l’heure de la sortie ! C’est alors que sans tarder tu mettras en pots. Méfie-toi des bulles d’air et songe bien à les pencher ce faisant.

Laisse refroidir et couvre de paraffine.

Fiche synthèse culinairement correcte des ingrédients (donc après arrangements …)

Une fois lavées, épluchées (sauf les prunes !) et coupées :

_ 500 grammes de rhubarbe

_ 350 grammes de bananes

_ 800 grammes de prunes, environ

_ 4 pommes bien mûres (des Jona Gold)

Ainsi que :

_ 1 Pincée de Poivre de Sichuan

_ 2 pincées de baies roses

_ Le jus d’un citron non traité

_1,5 kilo de sucre semoule.

A laisser macérer une nuit au frais, sous film plastique.

Puis, vous connaissez la suite !

(Ceci dit, je ne regrette pas mon dosage initial d'épices !)

A bientôt sur ma planète !

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