Tara Biscotta

RECETTES POETIQUES, POEMES DE CUISINE

lundi 31 août

Plénitude

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Début juillet
Un après-midi
Tu t'es dit,
Week-end à Boulogne

Pas si loin de chez toi
L'infini marin
A portée de main

A Suivre ...

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samedi 29 août

Rendez-vous nocturnes

Cette chanson de Juliette, dont je ne me lasse pas ...

J'ai un bien étrange pouvoir
Mais n'est-ce pas une malédiction ?
Cela a commencé un soir
J'avais à peine l'âge de raison
J'étais plongée dans un roman
De la Bibliothèque Rose
Quand j'ai vu qu'il y avait des gens
Avec moi dans la chambre close

Qui donc pouvaient être ces gosses,
Cette invasion de petites filles ?
Que me voulaient ces Carabosse
Qui leur tenaient lieu de famille ?
J'ai vite compris à leurs manières
A leurs habits d'un autre temps
Que ces visiteurs de mystère
Etaient sortis de mon roman

Refrain :
Ils jacassent
A voix basse
Dès que j'ouvre mon bouquin
Je délivre
De leurs livres
Des héros ou des vauriens
Qui surgissent
M'envahissent
Se vautrent sur mes coussins
Qui s'étalent
Et déballent
Linges sales et chagrins
Ils me choquent
M'interloquent
Et me prennent à témoin
De leurs vices
Leurs malices
De leurs drôles de destins
Mauvais rêve
Qui s'achève
Dès que je lis le mot "fin"
A voix basse
Ils s'effacent
Quand je ferme le bouquin
A voix basse
Ils s'effacent
Quand je ferme le bouquin

Depuis dès que mes yeux se posent
Entre les lignes, entre les pages
Mêmes effets et mêmes causes
Je fais surgir les personnages
Pour mon malheur, je lis beaucoup
Et c'est risqué, je le sais bien,
Mes hôtes peuvent aussi être fous
Ou dangereux, ou assassins

J'ai fui devant des créatures
Repoussé quelques décadents
Echappé de peu aux morsures
D'un vieux roumain extravagant
J'évite de lire tant qu'à faire
Les dépravés et les malades
Les histoires de serial-killers
Les œuvres du Marquis de Sade

Refrain

N'importe quoi qui est imprimé
Me saute aux yeux littéralement
Et l'histoire devient insensée
Car je n'lis pas que des romans !
Ainsi, j'ai subi les caprices
D'un Apollon de prospectus
J'ai même rencontré les Trois Suisses
Et le caissier des Emprunts Russes

Un article du Code Pénal
Poilu comme une moisissure
S'est comporté comme un vandale
Se soulageant dans mes chaussures,
Ce démon qui vient de filer
Ça n'serait pas, -je me l'demande-
Un genre de verbe irrégulier
Sorti d'une grammaire allemande ?

Je pourrais bien cesser de lire
Pour qu'ils cessent de me hanter
Brûler mes livres pour finir
Dans un glorieux autodafé
Mais j'aime trop comme un opium
Ce rendez-vous de chaque nuit
Ces mots qui deviennent des hommes
Loin de ce monde qui m'ennuie.

Malgré les monstres et les bizarres
Je me suis fait quelques amis
Alors, j'ouvre une page au hasard
D'un livre usé que je relis
Et puis -j'attends je dois l'avouer-
Au coin d'un chapitre émouvant
Que vienne, d'un prince ou d'une fée,
Un amour comme dans les romans
Comme dans les romans

A voix basse
Qu'il me fasse
Oublier tous mes chagrins
Qu'il susurre
Doux murmures
Des "toujours" et des "demain"
Qu'il m'embrasse
Qu'il m'enlace
Et quand viendra le mot "fin"
Je promets
De n'jamais
Plus refermer le bouquin

Juliette

A voix basse

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Autoportrait aux prunes

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mercredi 26 août

Graines de coriandre

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Ta coriandre en jardinière
Tu n'as plus qu'à récolter ses graines,
Maintenant qu'une belle couleur paille
Te murmure à l'oreille
Que le temps de les croquer, comme ça, rien qu'une sous la dent
Est arrivé
Te laisser envahir par sa brève fraîcheur
Et te dire qu'à ce rythme
Il n'en restera bientôt plus

Pour tes farces et mélanges

D'épices

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mardi 25 août

Clafoutis aux prunes et autres billevesées

− Eh! Parle, cette vie que tu te fais si charmante, qui te l'a conservée? À qui dois-tu de respirer cet air, de voir ce ciel, et de pouvoir encore amuser ton esprit d'alouette de billevesées et de folies? Sans elle, où serais-tu?
Hugo, Notre-Dame de Paris, 1832, p. 449.

Source : CNRTL

J'ai retrouvé ma ville aujourd'hui. Braillante, lourde d'un air chaud, de ces orages d'août qui ne veulent jamais éclater et te narguent jusqu'à te faire haleter.
Soif et bitume. Odeurs d'essence électriques.
Mes sens en alerte.

Rendez-vous chez le dentiste.
Juste en pleine reprise, fallait bien que tu somatises
On s'exprime comme on peut,
Docteur !

Mais je l'aime bien. Il est d'une gentillesse ...

Un petit tour à La Source, ma boutique bio de la rue du Plat : Zaza ma coquillette, j'ai fait le plein de crème d'avoine, mais t'en ai laissé ! Ai encore craqué sur leurs salades composées, je te les recommande : ce soir, désolés chers lecteurs, la Grande Tara ne cuisinera pas.
Emois dans la foule
Mais que lui arrive -t-il ? Rien !
Justement ! (C'est si rare ...)

Ou plutôt si : comme une envie de passer un peu de temps avec vous ce soir. C'est important, de se revoir. Certes, ces derniers temps la régularité ne fut pas mon fort ... C'est que j'ai parfois besoin de partir, pour mieux revenir.

_ Au fait, que ça, Tara ?

_ Euh ... non ! Je me suis craquée aussi une paire de chaussettes ! Mais des Berthe aux Grands Pieds. Vous ne connaissez pas ? Dommaaaaaaaaaaage !

Tant pis pour vous  : dire que j'allais presque vous introniser dans mon cercle archi-fermé des amateurs de grandes et stylées chaussettes en laine ... Moi, j'en suis dingue. C'est que ...

J'attends l'automne, ses étreintes de terre, ses nuages bas, ses pluies qui te martèlent, en tête, la chanson douce, sur de la mousse. Oui, disait Verlaine, celle qui ne chante que pour vous plaire.

Les écharpes, les bottes, et la nuit qui te plonge dans des rêveries oranges, embalconnées de physalis, qui enguirlandent mes chemins de campagne,

Les potirons me font les yeux ronds.

De l'autre côté de mon hameau, il y a un vieux monsieur qui en vend déjà. Tu passes.Tu sonnes et tu choisis celui qui te plaît. Un prix défiant toute concurrence. Le plat préféré de mes enfants. La soupe au potiron. Toi, tu grinces un peu des dents, tout de même, sur ton vélo. Le potiron devant et Petite Planète derrière, le vent de face. Dis-toi que c'est bon pour les abdos. Quand est-ce que t'investis dans la mini carriole à fixer au vélo ?!

Et quoi d'autre ?

Euh ... peut-être une petite recette du moment ?

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Mon clafoutis aux prunes (bio) du jardin

Parce que : grande nouvelle !

Elles sont revenues, mes prunes ! Petit clin d'œil à toutes celles qui avaient eu la gentillesse de participer à mon jeu : Chair de prunes, ici et ! Justement, c'est en feuilletant cette récap' que l'envie d'un clafoutis m'est venue.

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Clafoutis aux prunes de Tara

Pour 4 personnes

Préparation : 15 minutes

Temps de cuisson : 45 minutes

Petite dédicace spéciale pour Anne-sophie, Muriel et Zaza avec qui j'ai eu la joie de passer de doux, chauds  et vrais moments

Ingrédients :

_ 100 grammes de sucre

_ 100 grammes de farine bio de quinoa

_ 1/2 c. à café de bicarbonate alimentaire

_ 3 œufs

_ 25 cl de lait d'amande

_ 500 grammes de prunes, après dénoyautage (lavées, dénoyautées, coupées en morceaux si nécessaire)

La recette :

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Préchauffez votre four 180°

Dans un saladier, mélangez farine, sucre et bicarbonate.

Faites un puits au milieu et cassez-y les œufs. A l'aide d'une spatule mélangez en prenant soin de les incorporer progressivement.

Versez le lait et battez bien. Ajoutez vos prunes. Mélangez délicatement.

C'est prêt !

Versez le tout dans un moule à manqué préalablement beurré.

Enfournez 45 minutes

Moi, je laisse refroidir, parce qu'il est important de laisser les prunes fondre encore dans la pâte. Parce que l'on sent moins le goût de la farine de quinoa, que j'aime, mais très subtilement.

Plongée de plaisir ... et plus, si affini-thé, quoique en ce moment ... je suis de plus en plus infusionnnelle, hibiscus et cannelle :

Et vous ?!

Bain de prunes

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Posté par tarabiscotta à 19:15 - CHAIR DE PRUNE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 21 août

gâteau breton à ma façon

Alors comme ça tu aimes le "gâteau breton" ?
C'est comme une belle galette
Ronde, dorée, chaude et croustillante
Comme un Roudor géant, souvenir de ton enfance
ça croustillait de partout
Les miettes sur tes cahiers !

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La recette, enfin ta recette, qui n'est peut-être pas la vraie, la pure
Je m'en excuse d'avance auprès de celles et ceux qui ont grandi dedans
Comme moi j'ai grandi entre cramiques et speculoos

La recette, la voici ...

Ingrédients :

_ 350 grammes de farine

_ 175 grammes de sucre

_ 130 grammes de beurre

_ 5 jaunes d'œufs

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La recette :

Mélanger sucre et farine,n'oubliez pas votre pincée de sel

Ajoutez le beurre coupé en petits morceaux

Malaxez bien du bout des doigts afin d'obtenir une belle pâte sablée

Puis les œufs : cassez-les un par un et continuez de malaxer

Beurrez un moule à manqué et versez-y votre préparation.

LA recette traditionnelle conseille alors de badigeonner la surface de votre pâte d'un jaune d'œuf puis d'y dessiner des croisillons. N'ayant jamais été d'une grande dextérité dans l'art du badigeon, encore moins celui du croisillon ... j'avoue m'épargner cette étape. Mon gâteau est tout de même très bon.

Enfournez dans un four préchauffé à 180°

Temps de cuisson : 45 minutes

A laisser sécher dans le moule jusqu'au lendemain, pour apprécier sa croustillance ... Vous l'emporterez dans votre musette et le dévorerez dans le sable, face à l'Océan, exactement

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Moi qui ne sais pas attendre, j'aime aussi le manger tiède, à peine sorti du four

Assise sur la margelle du puits, au milieu des coquillages que l'on y fait sécher

Posté par tarabiscotta à 08:07 - COMPTOIR DE LA PÂTISSIERE - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mardi 18 août

Le grand retour

Je me souviens d'une aire de repos près de Tille

D'un coin d'herbe fraîche

Et de branches ployant sous les quetsches

De la douceur d'une nuit mâconnaise

D'Orange la brûlante traversée

Puis du ciel de l'Hérault, l'arrière pays où baignent mes racines

Entre autres

Je me souviens des valises pleines à craquer

Mais tu ne porteras que ce petit bout d'étoffe noir, chic et bien coupé

C'est toujours comme ça ... soupire-t-il, dépité

Je me souviens de la Bretagne à jamais réécrite

Du palabre amusant des haubans

De ces rêves que je ne fais que là-bas : ce poisson rouge qui se transformait en ours blanc, rageur et destructeur, dévorant quiconque se penchait trop près de son aquarium. Entre autre ...

Je me souviens des crêpes au salidou sur la plages

Fermer les yeux à la chaleur du granit

Ou cueillir des bouquets d'œillets

Dans les salines

Laisser le temps apaiser tes peurs

Au sablier des marées

Qui montent et démontent tout

Siestes longues dans la fraîcheur

De la maison bleue

Le temps d'écrire est revenu

Te dit ton corps rompu

Pas tant que ça !

S'émerveiller aux cours de voile de l'héritier du nom

Relève assurée, rêve mesuré

Le goût du sable dans mes gâteaux bretons

Quelques recettes que je n'ai faites que pour vous

Et les balades

Oh les ballades ...

Posté par tarabiscotta à 11:45 - PETITS BONHEURS - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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