Dans la brume abasourdie
Un tracteur s’est noyé.
Sous les teintes attendries
Le silence s’étire.
Je laisse aller.

Que mon ancre se lève
Et flotte mon navire
Là-bas loin sur mes lèvres
Résonne … « Mon Opium »
D’Emilie Simon.

Quelques flaques de soleil
Réchauffent
Deux ou trois vaches éperdues
Mon baume est ma vertu !
Je flotte …

Aux gares fantomatiques,
Les voyageurs embrumés
S’extirpent de leurs rêves
A regret.
La nuit s’achève.

Au jour ouaté
Me feront signe
Comme à regret
Et à jamais
Quelques visages faméliques.

Mon encre est mon sermon.
Sous ses accents s’évaporent
Des armées de fantômes
Hurlant leur ventre vide.

Là-bas, sur l’Atlantide
Je dors.