vendredi 30 octobre
Le Grand Canyon
J’ai bien cherché entre deux terres
Traces de vie et de lumière
Point n’ai trouvé d’autre hémisphère
Que celui où nous attendait
Comme une entaille dans la terre
Un grand canyon empoussiéré
Où traînaient deux ou trois regrets.
Mais c'est assez.
Et nous rejoignent par dessus-toit
Dis-moi qu’on se retrouvera là-bas
Dans un déluge anamorphique.
Le seul refuge que j'ai trouvé
Au ciel ouvert de mes soupirs
Pour un ultime
Rendez-vous
mercredi 22 avril
Envolées nocturnes
Vois-tu ?!
Les chauve-souris sont revenues
Trois ce soir dans ma cour
A l'heure de l'ombra
Dans le ciel indigo
Juste avant que la nuit ne bascule
Sous le ventre rond de Jeannette
Aux yeux jaunes perdus de fourrure noire
Trois sœurs dont le ballet me tourne
Racoleuses de moustiques
Electriques et vibrantes :
Nocturne promenade
Passeggieta
Moi, dans ma cour hébétée
Je les regarde épingler
Mes rêves translucides
Dans l'œil émietté d'un grand ciel étoilé
ça ronronne, ça chuchotte, ça grignote dans la presque chaleur de cet entre deux-jours
Demain je passe vous voir et réponds à vous toutes. Aussi, Recettes de confitures et récup'attitude. Stand by bloggesque dont il est temps que je sorte ...
A bientôt, sur ma planète
vendredi 17 avril
Ballade orangée
Une place au soleil, sur la Place du Marché
Tu ne sais pas pourquoi tu es là
Mais tu sais que tu es bien
Au milieu des passants,
Entre deux étals de fruits
Trois de légumes
Tu dores sous le soleil frileux d’avril
Ça sent bon la rose et la cannelle
Le lys et la rosée.
Qui passe et repasse devant toi
Et te dévisage, rêveuse
Regard légèrement plissé
Tu aimerais bien savoir ce qu’elle a dans la tête
Tu le sauras bientôt :
Deux ou trois paroles échangées
Elle pose un instant sa tête frêle entre tes bras
Puis t’emporte à l’autre bout de son monde
Lissé
Entre le lys et la rosée
Bras dessus, bras dessous dans les rues ruisselantes
Que c’est bon de se dire que je pars avec toi
Pour toujours et
A jamais
Nos deux cœurs, vissés
Course à la montre en marche saccadée
Oh ! mais dis-moi que tu es bien pressée
Ta journée n’est pas encore achevée
Entre un vieux radiateur et le standard de ta boîte
Jusqu’aux vêpres
J’attendrai
Craintif, impatient
Abandonné
Jusqu'à toi, hissé
Tes blanches ailes dans le dos
Je les entends se déployer
Dessus le monde et ma solitude
Envolée
A coups de phrases syncopées
Ce soir, jusque chez toi suivre
Le chemin des écoliers
Entre tes bras survivre
Aux terreurs passées
Un oranger du Mexique ça n’est pas fait pour vivre seul
Chaque fois que tu les balanceras, moi je distillerai pour toi, pour eux
Et tes pruniers mes senteurs délicées,
Venues du cœur blanc de mes fleurs
Jusqu’aux sentiers abandonnés
Où tu distilles tes pensées
Sauvages et
Calicées
jeudi 02 avril
Train de campagne
La grande maison
Près de la gare
Qui vend des aromatiques
Lui lanceras-tu à nouveau
Ton regard mécanique ?
Les train passent
Tes soupirs lourds
Entre les chemins
Courbes
C'est automatique
La façon dont tu glisses
Peu à peu
Au pays des rêves électriques
Les arbres foulent au passage
Les pensées noires des petits matins
La grande maison près de la gare t'attend
Dans ses bordures de jonquilles
Et ton sourire qui brille
Se fond dans l'air du temps
Au lit défait des peupliers
Tu réajustes tes émotions
A la mèche de ton chignon
Et rond, et rond ...
jeudi 26 mars
Végétale
Des forsythias rouges
Sur le mur qui bouge
Des forsythias jaunes
Et mon cœur bourgeonne
L'hiver s'accroche
Je me dérobe
Au pâle éclat des étangs
Du soir au matin
J'étends mon cœur forsythia
L'étendue de mes
Rêves au vent promis de mai
S'est tant de fois accrochée
Que ma robe au vent
Sous le ciel bleu palpite
Aux perles de mai,
Etendue
Esseulée, comme un forsythia contre le mur rouge, qui bouge
lundi 23 février
Autoportrait aux cookies
C'est comme ça quelquefois,
Tu hisses tes voiles.
Très haut.
Tu ne sais pas pourquoi.
C'est comme ça.
A cause du temps, sans doute,
Le temps passe si vite.
Alors toi, tu as trouvé un passage. Imaginaire et serein. Bien planquée derrière tes rêves. Le temps s'arrête.Tu le coinces entre deux dossiers et trois projets. Plus rien ne bouge.
Qui te happe
Aussi
Très souvent.
Les jours passent mais tu ne les vis plus.
Mais il y a toujours quelqu'un qui passe et puis te lance au vol : Oh eh Tara !
Fort heureusement car le terre est si belle et c'est bien de te le rappeler.
Alors c'est bon
D'avoir ce blog
Et puis aussi
Merci
Pour votre souffle !
dimanche 01 février
De pas sage
Vu d'ici on pourrait croire une autre contrée,
Vue du ciel ou d'ailleurs.
C'est presque cela
L'effet que ça te fait, juste une flaque gelée
Qui dans le chemin
Vient te cligner de l'œil
Alors tu t'arrêtes et puis cherches au fin fond de ton sac de quoi la capturer
Ton sac que tu renverses et même que ça roule jusqu'en bas dans le pré
Parfois pourtant tu n'oses pas contrarier
La petite fée que tu entends soupirer juste sous la couche
De glace
Alors pas de photo,
Juste tes mots
En écho
Plus souvent
Tu n'as pas le temps
Ou bien c'est un promeneur
Qui te regarde penchée, là
Depuis un bon moment, déjà
Ravie,
Au-dessus de la petite flaque gelée
La petite flaque gelée
juste en face de chez lui
Alors tu lui expliques qu'il y a comme une drôle de fille avec un numérique
Juste de l'autre côté de la couche de glace
Et même qu'elle te dévisage en souriant,
Là, de l'autre côté
Pendant qu'un passant qui d'ailleurs vous ressemble étrangement
La regarde et s'étonne depuis un bon moment
jeudi 22 janvier
Aquatique
J'ai, dans la tempête émerveillée
Cousu de fil et d'araignées
Mes blancs corsages et ces drapés
Cent fois par toi feuilletés le soir
J'ai, sous le joug des tourelles
D'acier et de grêles
Couru vers toi, Ô mon amour
Mon doux, mon tendre et mon aimé
Giflée giclée des pluies cinglantes
Dans le cou gris de nos chemins
Point de répit,
Du sombre jour
Jusqu'au très tard
La pluie accroche à mes fenêtres
Quelques promesses oubliées
Qu'elle rappelle à ma détresse
Au déhanché des peupliers
mardi 16 décembre
Fond de cale
J’ai bien cherché longtemps
De vous
La longue et lente mélodie
De mes ennuis
S’étend toujours plus loin
Quand vient la nuit
La longue et lente rémission
De mon envie
De vous
A moi
Sauf vous
samedi 11 octobre
Vinegar and salt
La lumière de ma vie n'aime pas le vinaigre aromatisé
Moi, je passerais mon temps à l'estragonner
La lumière de ma vie n'aime pas l'huile parfumée
Moi, je passerais ma vie à y tremper mon thym
La lumière de ma vie est né en plein cœur de l'automne
Et de novembre, je crois
Que dans un mois
Tu fêteras une bougie de plus
Est-ce bien cela ?
Moi, je strie l'été de juillet, ses orages absolus et ses bleus profonds
Sans fin de toi.
La lumière de ma vie parle une autre langue que je ne comprends pas toujours
Celle des mots pratiques et pragmatiques de la vie terrestre
Moi, le moindre mode d'emploi me plonge dans l'effroi
Mais je réponds au chatoiement hurlant des feuilles de peuplier,
Entre pâtures
Et champs de blé
Cent fois
Un jour il faudra bien pourtant que je jette aux orties
Les drôles de mégalithes qui encombrent Tes poches
Les miennes sont depuis si longtemps percées
Que parfois
Je m'envole
Sans toi
Sous chacune de mes ailes
J'emporte mes armoires
Sans fond
Ainsi s'en vont
Tous mes torrents qui grondent
Et demandent à quoi bon
Des crinières de ciboulette
Ces taillis de sarriette
Mes songes d'estragon,
La sauge
Puisque de toute façon
La lumière de ma vie
N'aime pas les aromates
Encore moins les épices
Tu n'en as pas besoin, je sais
Puisque tu dis que je t'apporte tout
Cela
Parfois pourtant
Je voudrais être
Un peu moins aromatique
Peut-être un peu plus prosaïque
Juste le temps
De plonger entre mes dents
Toutes mes plus belles
Rivières
De piments
Et suivre leur courant
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