samedi 19 juillet
L' Eau d' Ici
Je vous ai reçu hier
Dans ma campagne en vert de gris
Où nous avons guetté ce
drôle d'oiseau
Au nom déjà par moi
presque oublié
Vous n'avez pas beaucoup souri
Ma tête est celle d'une linotte
Il volait comme chauve souris
Au-dessus des champs rasés de
près
Odeur de paille et de terre
Vous sentiez bon le vétiver
Je vous ai trouvé un charme
immense
Sous le ciel intense moiré
d'orange
Ensemble nous avons marché
Et traversé ma lande enchantée
Mais sous vos cils courbés
J'ai vu de noirs nuages
Parfois aussi s'amonceler
Comme si ceux que vous chassiez du ciel
C'était pour mieux les
enchâsser.
Je n'ai pas osé vous embrasser
Chez moi cela veut dire : dans mes bras
serrer
Près des bois songeurs nous avons erré
L'eau d'ici se moque bien de nos émois
Mais j'ai vu mon magnolia fleurir deux
fois
Et mes lys tendres tenir tête aux
chardons
Sous l'œil ému des roses
trémières
En vain j'ai tenté d'être rigolote
Vous ai même safarisé dans
mon carrosse
Entre les bosses
Poudreuses
De mes allées boueuses
J'en connais qui ne s'en sont jamais
remis
De ma conduite semi-sportive
Il paraît que lorsque j'arrive
Même les ornières
Se terrent
Dérapages semi-contrôlés
Dans la poussière et les
graviers
La prochaine fois, j'y mets un point
D'honneur,
Vous reprendrez votre navire
A l'heure ...
mardi 08 juillet
Fleur d'encre
Pluie et grisaille sur mon ciel nordiste
Les clichés ont la peu dure
Et le cœur tendre !
Discuterai-je avec vous de l'isotopie aquatique dans l'œuvre de Virginia Woolf ?
Pendant des heures ...
Pas de recette aujourd'hui
Le cœur n'y est pas
C'est comme ça
Je suis là et très loin
Je suis avec vous mais je voudrais être aux côtés de mon amie de toujours
Pas facile. Pour elle. Aujourd'hui.
Je n'ai plus de voix depuis une semaine. Les mots ne sortent plus. Alors j' écris.
J'irai te voir samedi.
Je pense très fort à toi.
C'est comme ça.
Je vais essayer de replonger dans mes cours. Histoire de détourner le flot de mes pensées.
Paraît qu'on a pensé à moi pour une chaire de latin médiéval à Poudlard
Il serait temps que je replonge dans mes déclinaisons ...
Comment ça ?!
Mais je lis même dans le texte les pages roses du dico !
dimanche 23 mars
Fragmentines
Petit jeu pour regarder la neige tomber ...
Reprendre quelques extraits de mails et les fragmenter encore.
Bien mélanger.
Petite soupe, brouet d'épars pillés à la Tara.
A Tristan !
Ma planète
est bien trop sage sans
Mon beau
seigneur,
Mon âme
effarée
Où es-tu ?
Que deviens-tu ?
Loin d'un
monde de carton-pâte !
Une mouture
plus caramélisée de
Mes
baisers, volés ou non
Le plus
doux des venins
Ma
confiture de potiron
Donne-moi
ton souffle céleste et
De tes
nouvelles
mercredi 20 février
Conte tenu pour un ami
(qui en écrit de très jolis)
D'aucuns n'osaient s'aventurer...
On disait la fée épuisée
D'aucuns ne songeaient troubler
Le souffle profond de ses marais
Combien de lunes avait-elle veillé ?
Combien d'étoiles avait-elle accrochées
A la lente montée de sa constellation ?
Depuis, les frondaisons ployaient
Sous le balancement de ses bras ondulés
Et les flamboiements de son armure
Ne Tonnaient plus plus dans l'orée céleste.
Mais ce soir-là pourtant on la vit
Battre à nouveau les chemins bleutés
Pour qui ? Pourquoi ?
Personne, au fond, n'avait jamais osé affirmer ...
Il est des réponses qu'il ne faut poser
Du fond de ses nuits sans sommeil
Battre simplement son Coeur de Chaudron
Pour un griffon
Ne me demandez pas quelles incantations
Juste deux ou trois anciennes chansons ...
Et puis un croissant de lune en dragon
Servi glacé
Comme il se doit
Chez une fée
Accompagné d'un nuage bleu thé
Péché à l'eau du puits
Aux mandragores
C'est une amante ailée
Mais son chevalier s'en est allé
Dit la première chanson.
Chaque nuit ses larmes accrochent à ses cheveux
Quelques étoiles
Et l'Océan se tend sous ses soupirs au vent flottant
Reprend la ronde suivante
Mais que dit la dernière chanson ?
dimanche 26 août
L' Echappée Belle
Tu as troqué le noir contre un caftan bleu nuit
Au clair de laquelle brille une fleur de pluie
Rose pâle écharpée
Rien de bien extraordinaire dans cette apparition
Ici les fées, les elfes, je sais, sont légion.
Mais dis-moi, pourquoi toujours cette convenue
Façon de flotter dans les chemins
Un peu le nez en l'air
Comme si tu fuyais la Terre ?
Vissée dans un caban kaki
Flanquée de tes cabas bancals
Tu voudrais retenir encore un peu
Tes échappées de roses
Et pâles soupirs acquis
A qui ?
Tu n' appelles le chien sans laisse
Qui court derrière les papillons de cour
Et les coqs à fleurs,
Sans peur.
Tandis que les canards perplexes,
Souvent suivent d'un oeil convexe
Ton allure chaloupée de lenteur nonchalante
Quand flotte ta voilure
Aux parfums d'encolure.
Rose pâle empanachée
Ta barque s'esquive au gré des ruisseaux
Gavée des parfums des champs, des embruns
Et par delà tes digues, la nuit, tu entends
Dans le silence du vent
Gronder,
Gonfler
La vague prodigue.
mercredi 27 juin
La Grande Ourse
Tu es allée à Jacta Est
Il fallait bien que le bât blesse
La pleine lune qui brillait
Dans la clarté d' un ciel de lait
Et dans la nuit aux fils d’argent
On a vu s’affoler le vent
Il fallait bien que le bât blesse
J’ai entendu ton coeur de pierre
Au grand éclat de
rire solaire
Quand les racines s’entremêlent
Dans la tiédeur d’une vie nouvelle
Il fallait bien que le bât blesse
Et puis désarçonner les astres
Attendre en vain quelque désastre
De tes entrailles
Il fallait bien que le bât blesse
Tu venais bien revendiquer
Ce que tu as nommé ton dû
Grain repris au ciel électrique
L’œuf aux couleurs acidulées
Tordre le cou à ta détresse
samedi 09 juin
A une graine de lune
Vous mangiez des glaces aux nuages
C'était en ces anciens rivages
Au climat langoureux et tendre
Vous inventiez des mots si sages
Puis vint l'orage
Souffrez que je me souvienne
A coeur tendu, vous écriviez
Votre corps déserté. Dans son
sillage sombre s'abimait
Votre rire. Souffrez que je
Chavire
Mais je vous ai croisée hier
Sur la jetée. Vous succombiez
Pour un sorbet de pleine lune
Et sous vos cils un peu trop longs
Le flot moiré des frondaisons
Passe et repasse. Et moi je crois
Y reconnaître la promesse
D'un vieux secret que vous portez
Si bien
Vous mangiez des glaces aux nuages
A Pampelune, souviens-toi.
samedi 28 avril
Non grata !
Fermons les fenêtres
Et laissons Les volets clos ...
Le pollen des peupliers est de retour
Tara ne risque plus de quitter sa tour ...
Priez, mes frères
Saint Sinus
Qui ne s' use que si l'on s' en rhume !
Désertez les Peupliers
Rognez les Marronniers !
Mais pourquoi tant de pollen ?!
J'aime encore mieux les doux cactus
Eux seuls connaissent les Us
Et Coutûmes
De mes sinus
Si nus, sous les sinueux chemins champêtres !
jeudi 19 avril
Pluie Blanche
Instant sur trois pommiers en fleurs
Pétales en prise sur mon coeur
Se brisent
Je n'osais pas
Pluie éphémère
Emmenez-moi !
Souffle sur mes pommiers en pleurs
Pétales en pluie et sur mon coeur
Qui ploie
Se brise.
mardi 03 avril
Dédicace !
L'on m'a dit que c'était bientôt
Où l'aurais-je lu ?
La date de ton anniversaire ...
Oh ! Mais n'est ce point le 5 ?!
Te serrer dans mes bras
T'emmener sur les manèges
Et te décrocher la lune ...
Mon bien frêle acrostiche te parviendra
Sûrement avant quelque paquet.
Mais peut-être que d'ici là
Je te dédierai ...
Une gelée de bonbons
Des colliers d'hibiscus
Des dentelles de crocus
Des graines d'émotion
Ma prochaine recette
Et puis quelques violettes
Une fleur de magnolia
Une pluie de tapioca ...



