La tempête est là et l'impression bizarre que la maison va s'envoler.

Point de ballons pourtant accrochés à la toiture ...

J'entends les amarres craquer, les poutres se délier, le grenier soupirer

Se réfugier dans les bras de mon canapé marron ... 

Je ne vous ai jamais parlé de mon canapé marron ? Je ne sais toujours pas pourquoi je le nomme ainsi, en insistant bien sur sa couleur. Comme s'il y avait un lien fondamental entre elle et moi. couleur d'automne, couleur du pain d'épices de mon enfance, couleur des champs qui m'entourent ...

Il me connaît depuis mon tout premier enfant, m'a portée et supportée de lectures en écritures, de maux de dos en bons gros rhumes.

Passé, dépassé, marqué des empreintes du temps et des enfants, mon vieux canapé marron tient le coup pourtant et continue de m'offrir ses bras rugueux et robustes chaque fois que je les lui demande.

J'essayai bien un jour de l'affubler d'une housse "cache misère".  Peine perdue. Je compris à sa mine déconfite qu'il n'appréciait pas cette insulte à sa carcasse. Les rides lui vont si bien, après tout

Mon canapé marron me ressemble en ce point qu'il fuit les fards et les tendances

De temps en temps, je change l'enveloppe de ses coussins (nous avons tous nos petites coquetteries) et lorsque des invités sont  attendus, il a droit (qu'il le veuille ou non) à un immense plaid en coton fin et moelleux. C'est le signal chez nous d'une visite importante.

Quand la maison est vide, on se retrouve lui et moi comme deux vieux amants, deux bons copains qui ne se seraient pas vus depuis des lustres.

C'est un peu l'impression que j'éprouve en vous écrivant ce soir, depuis tant de temps ...

Je vous souhaite une merveilleuse année 2014

Ici ou ailleurs

Et parfois sur ma planète

Tara