Amusant, cette autre recette de galette des rois ! Je viens de la dénicher dans ma bible des bibles : La Bonne Cuisine de Madame de Saint-Ange, chez Larousse, 1929 pour mon édition. Précision utile …

Pour joyeux étourdis ayant totalement zappé l’achat obligé de la galette … (Et pourtant, ce n’est pas faute de la voir trôner dans les vitrines de votre boulanger depuis … bien (ou trop) longtemps …)

Pour ceux que la frangipane laisse de glace,
pour celles que la compote rend pâlottes …

Enfin, pour les curieux, les testeurs de rêves

Cette délicieuse Madame de Saint ange préparait elle même sa pâte brisée ! Bien sûr, à l’époque, sans doute eut-il été impossible de concevoir l’idée de l’acheter toute prête. D’ailleurs, je me demande si le réfrigérateur avait colonisé les cuisines …

Puis, avec le rouleau, elle l’étendait « comme une pâte feuilletée » … Froncement de sourcils : cela se complique. Pour quelle pâte dois-je aujourd’hui opter ?!!!

Anxieuse, je poursuis ma lecture. Ah ! C’était un temps où l’on avait le temps … Ainsi, la cuisinière était ensuite invitée à « donner trois tours avec repos de dix minutes entre chaque tour » … Je laisse chacun apprécier comme il l’entend cette recommandation, et me décide alors à sortir du frigo un rouleau de pâte feuilletée. Je préchauffe mon four. Chez Madame de Saint Ange, le verbe « préchauffer » n’existe pas ! On se chauffait et on cuisinait autour du même fourneau.

Suis-je au bout de mes peines ? Que nenni ! Mon interlocutrice a décidément l’art de compliquer les choses. Elle m’enjoint désormais à « Ramener les quatre coins du carré de pâte vers le milieu ». Tempête dans mon esprit. Entends, lecteur, mes soupirs d’exaspération !

Dieu merci, je découvre très vite que cette subtile manœuvre n’a pour but que de m’amener à donner une « forme ronde » à ma pâte. Me voilà sauvée !

Par la même occasion, me dis-je, je saute la corvée du rouleau et de l’aplatissage
à « un bon doigt ». Quoique … en y regardant de plus près, ma pâte prête à l’emploi (papier sulfurisé y compris) n’arbore pas vraiment cette épaisseur …

Sans doute me sera-t-il difficile, voire impossible, de la « taillader sur les bords », de la « rayer avec les dents d’un fourchette », de la  « piquer de part en part dans quatre ou cinq endroits », sans oublier de « l’inciser », bien sûr, afin d’y glisser la fève … Un vrai massacre !

Finalement, timing très serré oblige, j’abandonne (à regrets) Madame de Saint ange et transforme mon fond de pâte en tarte à la bière et à la cassonade (voir l’un de mes précédents posts) puis dévie ma royale envie sur ma recette du quatre-quarts. Deux valeurs sûres ! Après tout, un quatre-quarts des rois, pourquoi pas ?!

Madame de Saint Ange m’a au moins appris aujourd’hui que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même … surtout lorsque, comme moi, on se jette sur une recette avant même que de l’avoir lue jusqu’au bout … Peu rancunière, je la garde tout de même dans mes livres de référence, ne serait-ce que pour ses titres de recettes : Galette de Plomb, Gâteau Tante Zoé, Gâteau à la casserole, Gâteau de Five O’Clock … et ses incontournables conseils à la ménagère.